| Je n'étais pas vraiment d'humeur
à aller à la piscine, sous prétexte de draguer le premier fessier féminin qui me
boucherait le passage sur le plongeoir de 18 m. La douche froide obligatoire, je l'admis
sans difficulté puisque je m'étais trompé de vestiaire (si vous voyez ce que je veux
dire). Une sirène noire pas surprise de mon intrusion me balança le savon
"Sat" importé par le petit prince de Dakar, youssou n'Dour. A son contact, il
ensorcelle les frontières de l'Occident à l'Afrique. "Médina" est le
passeport de ce sort musical. un doigté de corde classique dans "Xale", un
effleurement de reggae dans "Miyoko", un parfum exotique d'Afrique dans
"Fenene", "Fakastalu", pas de doute cela vous réveille tous les sens
du frissonnement exotique. La beauté qui m'avait fait goûté à ce plaisir insoupçonné
avait bel et bien disparu. Moi qui comptais dessus pour me sécher, je me suis aperçu
qu'il était minuit et que la piscine avait fermé ses portes, ainsi que mon vestiaire. au
garde-à-vous, le savon entre les mains, j'attends la première venue pour lui dire qu'il
y a une coupure d'eau et que c'est le moment de se rincer les oreilles.
Phil Marso - Publié
dans l'hebdo Suisse Coopération en 1991. |

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